Les journalistes, ces héros de l’ombre dont on doit mettre la contribution en lumière

By MOT DE LA PRÉSIDENTE, MOT DE LA PRÉSIDENTE

Il est de plus en plus difficile de discerner les « informations » véridiques de celles qui ne le sont pas, et de faire la différence entre les images réelles et celles générées par hypertrucage.

Les plateformes de médias sociaux évoluent plus rapidement que notre capacité à traiter le contenu qui y est publié.

Nous devons trouver un moyen de fournir des informations fiables aux gens, et ce sont les journalistes qui peuvent faire ce travail.

Le rôle des journalistes consiste à informer le public, à demander des comptes aux dirigeants et à donner une voix aux personnes qu’on pourrait ne pas entendre autrement. Les journalistes mettent en contexte les événements qui façonnent notre monde en rendant compte des événements réels et de leurs causes.

Ils assistent à des conférences de presse pour poser des questions, puis rendre compte des réponses. Ils mènent des enquêtes de plusieurs mois pour mettre au jour des faits que certaines personnes préféreraient garder secrets. Ils assistent aux réunions de conseils municipaux dans de petites villes lorsque personne d’autre n’y porte attention.

Le Comité canadien pour la liberté de la presse raconte leurs histoires. Nous luttons pour que les journalistes puissent exercer leur travail et nous défendons la liberté de la presse.

Chaque année, nous reconnaissons la contribution de journalistes canadiens qui, pour réaliser leur travail dans l’intérêt public, ont surmonté le secret officiel, des manœuvres judiciaires, de l’intimidation ou des tactiques ayant mis leur carrière ou leur sécurité en danger. Cette démarche culmine avec un dîner de remise de prix annuel célébrant la Journée mondiale de la liberté de la presse.

La liberté de la presse est cruciale autant à l’échelle locale qu’à l’échelle nationale et à l’échelle mondiale.

Il suffit de penser aux guerres en cours en Ukraine et au Moyen-Orient, qui font chacune l’objet de campagnes de propagande visant à façonner l’opinion publique aux quatre coins du monde. Les journalistes travaillent avec les faits à mesure qu’ils les découvrent.

L’antidote à la propagande et à la désinformation est un retour aux principes fondamentaux du journalisme.

En premier lieu, il faut distinguer les informations des opinions. Dans l’écosystème de l’information actuel, les opinions sont souvent présentées comme des faits, et étayées par des faussetés. Des termes comme « faits alternatifs » et « fausses nouvelles », que l’ancien président américain lançait allègrement, ont été utilisés pour miner la confiance dans les vraies nouvelles. Ce jargon mine le journalisme, et nous devons y remédier.

En deuxième lieu, le secteur du journalisme se doit d’accorder la priorité à la qualité de l’information plutôt qu’à la rapidité et à la quantité. La qualité doit également avoir préséance sur les opinions.

Lorsqu’ils doivent synthétiser des tonnes d’informations dans des délais serrés, la plupart des journalistes se retrouvent enchaînés à leur bureau. La spécialisation apporte une réponse à ce problème, tout en permettant aux journalistes d’établir des contacts significatifs et d’acquérir une expertise. Elle leur permet aussi d’être mieux outillés pour poser des questions difficiles – et des questions de suivi – qui feront avancer leur reportage, ou le feront avorter dès le départ.

En troisième lieu, le secteur de l’information a besoin d’investissements rapides. Le plus récent rapport du Local News Research Project révèle que 511 organisations de nouvelles locales ont mis fin à leurs activités dans 342 communautés au Canada entre 2008 et le 1er octobre 2023. Les « déserts d’information » résultant de ces fermetures ont créé un vide qui a profité aux médias sociaux non réglementés. Le financement d’entreprises de nouvelles émergentes pourrait avoir une grande incidence à l’échelle locale, et devrait donc être soutenu par des incitatifs fiscaux et un engagement citoyen.

En quatrième et dernier lieu, le gouvernement doit jouer un rôle. Les politiques publiques doivent appuyer notre droit constitutionnel à la liberté de la presse. À l’instar des éditeurs de presse, les plateformes en ligne traitent le contenu comme une marchandise. Mais contrairement aux éditeurs de presse, elles ne produisent pas de contenu, ne paient pas pour le contenu qu’elles diffusent, et n’en sont pas tenues responsables. Le Canada a besoin d’une politique rigoureuse pour responsabiliser les grandes entreprises technologiques.

En milieu de travail, les employeurs doivent s’assurer qu’ils disposent de politiques pour gérer les menaces et offrir de la formation. Que ce soit en ligne ou dans la rue, les menaces et la violence – en particulier envers les femmes – créent un effet dissuasif. La Commission canadienne pour l’UNESCO, qui parraine le Comité canadien pour la liberté de la presse, a mené des recherches approfondies sur l’incidence de ces phénomènes.

Le grand défi consiste à trouver un moyen de faire de l’argent grâce à un nouveau modèle d’affaires mettant l’accent sur la fonction de base au sein des organes médiatiques : le journalisme. L’ancien modèle faisait le pont entre les consommateurs et les annonceurs, puis utilisait les fonds ainsi générés pour financer la diffusion de l’information. Or, ce modèle ne fonctionne plus. La diffusion de l’information doit désormais s’autofinancer. Heureusement, cette activité a de la valeur. Il nous appartient de le démontrer.

Les Canadiens et Canadiennes ont le droit à une information fiable et opportune, publiée sans craintes ni faveurs. Sans cela, notre démocratie – notre société telle que nous la connaissons – ne peut pas fonctionner.

Le Comité canadien pour la liberté de la presse soutient les journalistes en défendant leur protection personnelle et la liberté de la presse. Vous pouvez les soutenir vous aussi, en vous abonnant à leurs publications. Vous en retirerez des avantages inestimables.

 

Heather Bakken

Présidente

Comité canadien pour la liberté de la presse

 

L’indépendance éditoriale est essentielle, même en temps de guerre

By Non classé

La guerre qui oppose Israël au Hamas a entraîné un nouveau conflit entre les politiciens du Parti conservateur du Canada et le service de nouvelles de la CBC.

Les conservateurs ont juré de retirer le financement accordé à la CBC pour ses activités télévisuelles et son service de nouvelles s’ils sont élus, et ils ont fréquemment critiqué la façon dont la CBC couvre la politique canadienne et les événements mondiaux.

Lors d’une réunion d’un comité parlementaire tenue en octobre, des députées conservatrices se sont attaquées à la couverture de la guerre au Moyen-Orient assurée par la CBC. Les députées Rachel Thomas et Melissa Lantsman ont reproché au radiodiffuseur public de ne pas qualifier catégoriquement le Hamas d’organisation terroriste.

Au cœur de ce débat : la directive donnée par la CBC à ses journalistes d’éviter l’utilisation du terme « terroriste », sauf lorsqu’ils citent des personnes interviewées ou des déclarations de tiers. La Presse Canadienne, l’Associated Press, la BBC et de nombreuses autres organisations suivent ces mêmes lignes directrices.

Le gouvernement canadien a désigné le Hamas comme une organisation terroriste, tout comme les gouvernements des États-Unis, du Royaume-Uni et d’autres pays occidentaux. L’attaque que le Hamas a menée dans le Sud d’Israël le 7 octobre, au cours de laquelle des civils – hommes, femmes et enfants – ont été assassinés, répond clairement à la définition d’une « attaque terroriste ».

Il est évident que cette situation peut faire l’objet d’un débat légitime sur la pratique journalistique. Les députées conservatrices ont toutefois dépassé les bornes dans leurs critiques envers la CBC.

Rachel Thomas a déclaré à ses collègues au sein d’un comité parlementaire qu’en refusant de qualifier le Hamas d’organisation terroriste, la CBC se plaçait « du côté des terroristes » et « contre la population juive ».

Pour sa part, Melissa Lantsman, la leader adjointe du Parti conservateur, a remis en question l’intégrité journalistique du radiodiffuseur. Ces deux députées – et, par extension, leur parti – tentent essentiellement de subordonner Radio-Canada à l’État, soit le reproche même qu’elles adressent au radiodiffuseur public lorsqu’elles le qualifient d’organe médiatique géré par l’État.

Lorsque les politiciens s’en prennent aux journalistes qui ne partagent pas leurs positions et aux organes médiatiques avec lesquels ils sont en désaccord, ils exacerbent la tendance inquiétante à la polarisation des citoyens. Il en résulte un discours haineux débridé, qui favorise une montée du racisme ainsi que de l’intolérance religieuse et ethnique.

Elles ont présenté une motion visant à convoquer les directeurs principaux de l’information de la CBC devant le comité afin de les blâmer pour leurs politiques éditoriales; cette motion a été rejetée par les députés libéraux, néo-démocrates et bloquistes.

Le Comité canadien pour la liberté de la presse estime que le fait pour un comité parlementaire de dicter la politique éditoriale de la CBC constituerait une ingérence grossière dans l’indépendance éditoriale de l’organisation.

Accuser la CBC d’être du côté des terroristes, c’est aussi accroître le risque que les journalistes de l’organisation – y compris ceux qui travaillent sur le terrain au Moyen-Orient – soient ciblés par des partisans en colère et potentiellement violents.

Lors de conférences de presse, les journalistes au Canada sont de plus en plus critiqués par les élus pour des reportages qu’ils ont faits, ou pour les organismes de presse qu’ils représentent.

Lorsque les politiciens s’en prennent aux journalistes qui ne partagent pas leurs positions et aux organes médiatiques avec lesquels ils sont en désaccord, ils exacerbent la tendance inquiétante à la polarisation des citoyens. Il en résulte un discours haineux débridé, qui favorise une montée du racisme ainsi que de l’intolérance religieuse et ethnique.

Afin de préserver la démocratie canadienne, nous devons tous respecter la démarcation entre désaccord et affrontement.

Des journalistes menacés

By Non classé

BY JANET E. SILVER

A reporter’s microphone at a press conference, through barbed wire. 3d rendering

Depuis que Reporters sans frontières a publié son Classement mondial de la liberté de la presse à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, le 3 mai, l’état – déjà déplorable – de la liberté de la presse et la capacité des journalistes à exercer leur travail en sécurité se sont encore détériorés.

Ce classement indiquait que l’environnement journalistique était problématique ou dangereux pour les travailleurs des médias dans 128 pays. La détérioration de l’environnement journalistique s’est malheureusement poursuivie au cours des deux derniers mois, avec l’éclatement de la guerre entre Israël et le Hamas et la montée des tensions dans d’autres régions.

Le 4 novembre dernier, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a rapporté qu’au moins 36 journalistes et personnes travaillant dans les médias avaient été tués dans la guerre entre Israël et le Hamas, un peu moins d’un mois après le début du conflit.

À la fin du mois d’octobre, Reuters et l’Agence France-Presse (AFP) ont cherché à obtenir du gouvernement d’Israël et de l’Armée de défense d’Israël (Tsahal) l’assurance que les journalistes ne seraient pas pris pour cible lors de l’assaut de Tsahal lancé contre le Hamas dans la bande de Gaza.

« Dans les circonstances actuelles, nous ne pouvons garantir la sécurité de vos employés, et nous vous encourageons vivement à prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer leur sécurité », a répondu Tsahal.

Le Comité canadien pour la liberté de la presse a prié toutes les parties au conflit de s’abstenir de cibler les représentants des médias, tout en exhortant les employeurs à s’assurer que les journalistes travaillant dans les zones de conflit reçoivent la formation et l’équipement nécessaires.

Cependant, les menaces ne proviennent pas toutes de gouvernements.

Aux Philippines, pays considéré comme l’un des plus dangereux au monde pour les journalistes, un présentateur de nouvelles a été abattu à son domicile le 5 novembre alors qu’il diffusait une émission de radio en direct.

Le président Ferdinand Marcos Jr a condamné cet assassinat en déclarant ceci : « Les attaques contre les journalistes ne seront pas tolérées dans notre démocratie, et les personnes qui menacent la liberté de la presse devront assumer pleinement les conséquences de leurs actes. » Les journalistes sur le terrain rapportent toutefois qu’une culture de la peur continue de prévaloir et qu’ils demeurent en danger.

Dans un contexte où les journalistes doivent faire face à un nombre croissant d’attaques et d’entraves à leur travail, la démocratie et le journalisme factuel sont également menacés. Les fermetures de salles de presse et les réductions d’effectifs et de ressources qui se multiplient font surgir des questions sur ce qui doit être fait pour protéger la presse et permettre aux journalistes de rapporter l’information.

Le Knight First Amendment Institute de l’Université Columbia, à New York, entreprend actuellement un projet visant à étudier le rôle d’une presse libre dans une démocratie, ainsi que la façon de la protéger. Les résultats seront annoncés en mai prochain dans le cadre d’un colloque de deux jours.

D’ici là, on s’attend à ce que les conditions se dégradent pour les médias qui couvrent des conflits comme celui au Moyen-Orient, et pour la liberté de la presse en général.

AU CAS OÙ VOUS L’AURIEZ MANQUÉ

By La Dépêche, La Dépêche, La Dépêche, La Dépêche, La Dépêche, La Dépêche, La Dépêche, La Dépêche, La Dépêche, La Dépêche

Dans la bataille qui oppose le Canada aux grandes entreprises technologiques, les petits éditeurs de presse sont pris entre deux feux

Des médias indépendants expliquent que le trafic et l’engagement ont chuté du jour au lendemain après que Meta a bloqué la diffusion de nouvelles sur ses plateformes.

Lire l’article de Reuters

Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre des journalistes, 2 novembre

Mettre fin à l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes est l’un des défis les plus importants et les plus complexes de notre époque. Il s’agit d’une nécessité fondamentale pour garantir le plein exercice du droit à la liberté d’expression ainsi que la possibilité pour tous et toutes de participer à un échange d’idées ouvert, libre et dynamique.

Le thème de cette année, « Les violences exercées contre les journalistes, l’intégrité des élections, et le rôle des autorités publiques », vise à mettre en évidence le rôle d’une presse sûre et libre dans la garantie de l’intégrité des élections et de nos systèmes démocratiques. Il réaffirme l’obligation des États d’adopter des mesures efficaces pour protéger la presse indépendante et renforcer les cadres institutionnels qui luttent contre la violence et l’impunité, et qui promeuvent l’indépendance, la viabilité et la diversité des médias.

En savoir plus

Ne touchez pas à la couverture médiatique : Déclaration de l’ACJ sur l’indépendance journalistique

L’Association canadienne des journalistes (ACJ) demande aux députés conservateurs d’annuler leurs motions exigeant que les hauts dirigeants de l’équipe de direction de CBC comparaissent devant les comités de la Chambre des communes, car cela empiète sur l’indépendance journalistique.

Lire la déclaration complète ici

Série J-Talks de la Fondation pour le journalisme canadien

La Fondation pour le journalisme canadien a tenu récemment deux discussions sur l’état des médias.

Projet de loi C-18 : Les enjeux pour le journalisme et la démocratie au Canada. Participants : Michael Geist (professeur de droit à l’Université d’Ottawa), Natalie Campbell (directrice principale des affaires gouvernementales et réglementaires en Amérique du Nord, The Internet Society), Paul Samyn (rédacteur en chef, The Winnipeg Free Press), Brian Myles (directeur, Le Devoir) et Tai Huynh (fondateur, rédacteur en chef et directeur, The Local). Mary Lynn Young (professeure de journalisme et cofondatrice de Conversation Canada) a animé la discussion.

Regarder la discussion sur CPAC

Connie Walker, journaliste lauréate des prix Pulitzer et Peabody, se joint à Lydia Polgreen, chroniqueuse au New York Times, pour une conversation sur le paysage médiatique actuel et les profondes répercussions qu’il exerce sur notre société et nos valeurs démocratiques.

Regarder la discussion sur CPAC

Ottawa refuse pour une seconde fois de remanier son système d’accès à l’information

Le gouvernement libéral ne donne pas suite aux recommandations formulées par un groupe de députés de l’opposition qui a passé neuf mois à examiner le système fédéral d’accès à l’information. C’est la seconde fois en moins d’un an qu’Ottawa refuse de remanier son système d’accès à l’information.

Lire l’article complet du Globe and Mail

Heather Bakken, présidente du Comité canadien pour la liberté de la presse (à gauche), a participé au lancement de la 13e Journée annuelle des diplomates organisée par #EngageParlDiplo et dirigée par le Centre parlementaire. Elle a animé une discussion sur les nuances du reportage politique au Canada en compagnie de Catherine Cullen de la CBC et Joël-Denis Bellavance de La Presse.

AU CAS OÙ VOUS L’AURIEZ MANQUÉ

By AU CAS OÙ VOUS L’AURIEZ MANQUÉ, AU CAS OÙ VOUS L’AURIEZ MANQUÉ

Meta maintient sa position

En date du 1er janvier, Meta continuait de boycotter les organismes de presse canadiens sur sa plateforme Facebook en réaction au projet de loi C-18 du gouvernement fédéral, qui exige que les plateformes en ligne paient les organismes de presse pour l’utilisation de leur contenu.

Alors que Google a conclu un accord visant à allouer 100 millions de dollars aux fournisseurs de nouvelles dans le cadre du projet de loi C-18, Meta reste campée sur ses positions. Une étude récente de l’Observatoire de l’écosystème médiatique de l’Université McGill et de l’Université de Toronto a révélé que la consultation des nouvelles canadiennes sur Facebook a chuté de 90 % après l’entrée en vigueur de l’interdiction.

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Le Comité pour la protection des journalistes demande instamment que des mesures soient prises pour protéger les journalistes à Gaza

Après que les journalistes d’Al Jazeera Hamza Wael Dahdouh et Moustafa Thuraya ont été tués par une frappe israélienne dans le sud de Gaza le 7 janvier dernier, le Comité pour la protection des journalistes demande qu’une enquête indépendante soit menée pour déterminer si les forces de défense israéliennes prennent les journalistes à Gaza pour cible.

La guerre entre Israël et Gaza a des conséquences sans précédent pour la communauté des médias. Depuis le début des hostilités, les frappes israéliennes ont tué au moins 81 journalistes dans la bande de Gaza, dont au moins 18 dans l’exercice de leurs fonctions.

Le Comité canadien pour la liberté de la presse et d’autres organismes de médias ont exhorté toutes les parties à ne pas s’en prendre aux journalistes qui font leur travail en rapportant les faits du conflit au monde entier.

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L’UNESCO plaide pour une approche fondée sur les droits de la personne dans la gouvernance des plateformes numériques

La liberté de la presse est également menacée par la prolifération de la désinformation en ligne et les discours haineux visant à menacer et à intimider les journalistes.

L’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) a récemment publié ses Principes pour la gouvernance des plateformes numériques, qui visent à fournir un cadre pour préserver la liberté d’expression et l’accès à l’information en ligne.

L’UNESCO est la principale agence des Nations Unies pour la promotion et la protection de la liberté de la presse et de l’accès à l’information. Elle a consulté 135 pays pour élaborer ces principes.

Les principes de gouvernance s’adressent aux États, aux plateformes numériques, aux organisations intergouvernementales et à la société civile. Selon l’UNESCO, les plateformes doivent respecter les normes internationales en matière de droits de la personne, notamment en ce qui a trait à la modération et à l’édition des contenus, faire preuve de transparence et rendre des comptes aux parties prenantes concernées.

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Le président de la Russie, Vladimir Poutine, dit souhaiter conclure un accord pour libérer Evan Gershkovitch, journaliste du Wall Street Journal

Le président Vladimir Poutine a déclaré que la Russie souhaitait « parvenir à un accord » sur la libération d’Evan Gershkovitch, journaliste du Wall Street Journal actuellement détenu par la Russie pour une allégation d’espionnage que le Wall Street Journal et le gouvernement américain nient avec véhémence.

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Les journalistes abandonnent la Loi sur l’accès à l’information

By Non classé

Le dernier rapport annuel sur la Loi sur l’accès à l’information indique que les journalistes abandonnent cet outil de transparence vital à un rythme sans précédent.

Les statistiques 2022-2023 du Conseil du Trésor sur l’utilisation de cette loi, publiées le 20 décembre, montrent que moins de 10 % des demandes générales déposées cette année-là provenaient de membres des médias. C’est moins de la moitié du niveau enregistré cinq ans auparavant.

Le gouvernement avait l’habitude de ventiler les catégories d’utilisateurs déposant des demandes – entreprises, public, médias, etc. –, mais il a cessé cette pratique en 2022. Il ne publie maintenant que des feuilles de calcul contenant une masse de données.

Les chiffres cachés montrent néanmoins un déclin constant de l’utilisation du service de demande d’accès à l’information par les médias depuis au moins une décennie, même si l’utilisation générale par le public et d’autres groupes augmente.

En 2016, le gouvernement libéral a supprimé tous les frais d’accès à l’information, à l’exception des frais de demande, de sorte que le coût n’explique pas la baisse de l’utilisation par les médias. En outre, la procédure de demande en ligne a facilité le dépôt des demandes, même si le site Web est peu convivial.

Mais les retards croissants dans les réponses aux demandes des médias ont fait du mécanisme d’accès à l’information un exercice inutile pour de nombreux journalistes, qui doivent désormais faire face à des délais de plus en plus courts dans l’écosystème de l’information numérique.

Le rapport du Conseil du Trésor montre que plus du quart des ministères fédéraux n’ont pas respecté les délais de réponse prescrits par la Loi, délais qui sont déjà trop généreux pour le gouvernement.

Les retards endémiques entravent donc le travail des journalistes dès le départ. Le gouvernement libéral a vanté son soutien aux journalistes canadiens, mais son incapacité à réformer l’accès à l’information continue de saper le travail de ces derniers.

Transparence, confiance et intelligence artificielle dans les salles de rédaction

By Non classé

Dans un secteur déjà confronté à la perte de confiance du public, l’essor de l’intelligence artificielle est une nouvelle menace à la liberté de la presse. L’érosion de la confiance du public offre des conditions susceptibles de faciliter la tâche aux gouvernements et aux autres autorités de restreindre la liberté des médias.

Le mois dernier, le directeur général de The Arena Group, propriétaire de Sports Illustrated, a été licencié après des semaines de controverse à la suite de la publication d’articles générés par l’intelligence artificielle (IA) dans le célèbre magazine. Sports Illustrated aurait créé de faux noms d’auteurs, de faux profils et de fausses photos pour ces articles afin de faire croire aux lecteurs que de vraies personnes les avaient écrits.

Dans son rapport annuel, Changing Newsrooms, Reuters note que 74 % des salles de rédaction interrogées pensent que l’IA générative « aidera les salles de rédaction à accroître leur productivité et à améliorer les flux de travail, sans modifier l’essence même du journalisme ». Ce sondage, publié en décembre, montre que seulement 9 % des chefs de salles de rédaction ont mis en place des programmes de formation sur l’IA à l’intention de leur personnel.

Si elles ajoutent l’IA aux outils des journalistes, en particulier en matière de collecte de données, les salles de rédaction risquent de perdre la confiance du public si elles ne mettent pas en place des programmes de formation adéquats et des lignes directrices claires sur l’IA et ne font pas preuve de transparence à ce sujet.

Au début de l’année, la CBC a annoncé qu’elle avait signé le Partnership on AI Framework, un cadre de travail en partenariat sur l’intelligence artificielle, avec divers médias et médias sociaux. Ce cadre énonce des recommandations pour « la création, la mise en commun et la distribution de contenus média générés par l’IA ».

La transparence est cruciale si l’IA est utilisée pour contribuer à la publication et à la diffusion des nouvelles. La vérification des renseignements recueillis par l’IA est essentielle, et les droits d’auteur doivent être respectés.

L’IA ne peut pas remplacer le travail des journalistes. Il est primordial pour le secteur de l’information et les citoyens de maintenir la confiance dans le traitement équitable et équilibré de l’information.

Faire pression sur la police de Vancouver pour qu’elle rende des comptes

By NOUVELLES CONCERNANT LA LIBERTÉ DE LA PRESSE, NOUVELLES CONCERNANT LA LIBERTÉ DE LA PRESSE, NOUVELLES CONCERNANT LA LIBERTÉ DE LA PRESSE, NOUVELLES CONCERNANT LA LIBERTÉ DE LA PRESSE, NOUVELLES CONCERNANT LA LIBERTÉ DE LA PRESSE, NOUVELLES CONCERNANT LA LIBERTÉ DE LA PRESSE

Le Comité canadien pour la liberté de la presse est encore préoccupé par la façon dont la police de Vancouver a traité les journalistes lors d’une opération de démantèlement d’un camp de sans-abri.

En décembre, nous avons fait parvenir une lettre à la Commission de police de Vancouver pour lui faire part de nos vives inquiétudes après le rejet rapide par celle-ci d’une plainte pour atteinte à la liberté de la presse déposée contre le Service de police de Vancouver.  Le bureau du commissaire aux droits de la personne de la Colombie-Britannique mène actuellement une enquête à cet égard.

Le 5 avril dernier, alors que des travailleurs municipaux démantelaient les tentes d’un campement dans le quartier Downtown Eastside, la police a temporairement interdit à plusieurs journalistes l’accès à un tronçon de la rue, invoquant l’argument peu convaincant de vouloir assurer la « sécurité et la protection de la vie privée ».

Les tribunaux canadiens ont clairement établi que les garanties constitutionnelles de la liberté d’expression donnent droit aux médias de couvrir les manifestations et les autres interventions de la police dans l’espace public. Lors de l’examen de la plainte concernant la prétendue « zone d’exclusion », le bureau du commissaire aux plaintes contre la police a conclu que la police de Vancouver avait établi ce périmètre « dans l’intention d’exclure le public et les médias » le 5 avril dernier, et qu’il n’était « pas évident de savoir quel pouvoir légal pouvait justifier » une telle intervention.

Malgré cette conclusion, la commission de police de Vancouver a rejeté la plainte le 23 novembre dernier, sans avoir entendu aucun des journalistes présents sur les lieux ce jour-là, en s’appuyant apparemment sur le seul témoignage de la police.

Le Comité canadien pour la liberté de la presse est troublé par cette absence de diligence raisonnable de base.

Dans notre lettre, nous avons demandé à la commission de police de Vancouver d’enquêter de manière plus rigoureuse sur les plaintes relatives à la liberté de la presse et de rappeler à la police que la presse a le droit de couvrir les manifestations, les injonctions et les autres activités pour lesquelles son intervention est nécessaire.

Avis à la police de Vancouver : nous vous avons à l’œil.

Liberté de presse, désinformation et inquiétudes face aux élections

By Non classé

Cette année marque la première fois dans l’histoire où plus de la moitié de la population mondiale participera à des élections.

Mais dans 40 pays, la façon dont l’électorat est informé peut jouer sur les résultats. L’écosystème de l’information étant de plus en plus pollué par les campagnes de mésinformation et de désinformation, l’année 2024 pourrait-elle être celle où la démocratie prouvera sa résilience?

Selon l’indice mondial de la liberté de la presse de Reporters sans frontières, les conditions d’exercice du journalisme sont « mauvaises » dans 7 pays sur 10, et l’industrie du faux contenu représente une menace pour le journalisme.

Dans les démocraties occidentales, de nombreux organes de presse indépendants se démènent pour survivre avec des budgets restreints et moins de journalistes. Parallèlement, les campagnes générées par l’IA inondent les médias sociaux de mésinformation, de désinformation et de vidéos hypertruquées (deep-fake) conçues pour influencer l’électorat.

Et tout cela se produit à un moment où le secteur des médias sociaux abandonne la modération de contenu et où les canaux de communication cryptés et privés se multiplient.

Déjà, cette année, la Chine a mené une campagne de désinformation musclée (qui s’est finalement avérée infructueuse) pour faire la promotion d’un candidat pro-Pékin lors des élections à Taïwan.

Et du côté des élections américaines, tout porte à croire à un match revanche entre les candidats de 2020. Le probable candidat républicain n’a jamais caché son hostilité envers les journalistes et il encourage une méfiance généralisée à l’égard des médias.

Lors de sa défaite aux dernières élections, Donald Trump s’est servi des médias sociaux et traditionnels pour propager le mensonge qu’il avait en fait gagné. Il a depuis été inculpé au criminel pour tentative de manipulation de l’élection. Mais n’oublions pas que cette fois-ci, il a accès à l’IA.

L’importance des médias libres et indépendants n’a jamais été aussi grande qu’en cette année décisive pour la démocratie.

Notre déjeuner 2024 sur la liberté de la presse, qui aura lieu le 2 mai, approfondira ce sujet.

Face à des défis qui semblaient inimaginables il y a quelques années, LPC se portera à la défense de la liberté de presse et du droit des journalistes à faire leur travail sans crainte et en toute impartialité.

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Heather Bakken

Présidente

Comité canadien pour la liberté de la presse

Le harcèlement policier compromet la liberté de presse 

By Non classé

PAR JANET E. SILVER

Aux quatre coins du pays, des journalistes ont été menacés, arrêtés et expulsés par la police, ou se sont vu refuser l’accès à certaines zones, dans l’exercice de leurs fonctions.

La dernière affaire hautement médiatisée est celle de la journaliste Brandi Morin. Le 10 janvier, Morin a été arrêtée pendant qu’elle interviewait les résidents d’un campement de sans-abri à Edmonton. Les accusations d’entrave portées contre elle ont été abandonnées le 1er mars.

Ethan Cox, rédacteur en chef de Morin à Ricochet, a affirmé à La Presse Canadienne que le retrait des accusations qui pesaient contre sa reporter était une victoire pour la liberté de presse au Canada.

« Quel grand soulagement! a affirmé Morin après l’annonce du retrait des accusations. J’étais là pour faire un reportage. Je ne faisais que mon travail. C’est gratifiant de constater que la Couronne a fini par reconnaître que je ne faisais rien de mal. »

Elle dit que l’expérience a laissé des traces sur ses reportages et que, pour le moment, elle fait preuve d’une plus grande prudence.

Morin a été arrêtée pendant qu’elle menait des entrevues dans un campement. Lorsque la police lui a demandé de partir, Morin lui a répondu qu’elle était journaliste et qu’elle avait le droit d’être là. La police l’a ensuite arrêtée, l’a détenue pendant cinq heures et l’a accusée d’entrave.

« En somme, c’est une forme de harcèlement contre les journalistes afin de les empêcher de faire des reportages sur les activités de la police », a affirmé Cox à la CBC.

Entre-temps, en Colombie-Britannique, la photojournaliste Amber Bracken a intenté une poursuite au civil contre la GRC pour l’avoir arrêtée et emprisonnée pendant quatre jours pendant qu’elle effectuait un reportage pour The Narwhal sur le territoire wet’suwet’en en novembre 2021. Les Wet’suwet’en l’avaient invitée à couvrir, en compagnie de Michael Toledano, cinéaste travaillant pour la CBC, le conflit entourant un gazoduc. « Nous ne déposons pas cette poursuite pour nous, mais pour ouvrir la voie à tous les journalistes du Canada afin qu’ils puissent accomplir leur travail sans ingérence de la police », a déclaré Emma Gilchrist, cofondatrice du Narwhal lors d’une conférence de presse en février 2023.

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