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Les écoles de journalisme canadiennes menacées de disparition

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mars 30, 2026

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Les écoles de journalisme canadiennes menacées de disparition

Lorsque le conseil d’administration du Collège Algonquin a annoncé en février la fermeture de son programme de journalisme, il s’est ajouté à une liste croissante de fermetures de programmes similaires à travers le pays.

L’industrie des médias et les établissements postsecondaires font face à de graves difficultés financières. De nombreux collèges ciblent leurs écoles de journalisme, mais professeurs et étudiants s’inquiètent des conséquences à long terme sur la collecte d’informations au Canada.

Au début de l’année, lorsque les enseignants ont appris que le programme pourrait être supprimé, ils ont créé le site LoveForJournalism.ca, où étudiants, diplômés et professeurs témoignent de son importance.

Dans un message commun, les professeurs Julie McCann, Jon Willing et Patrick Smith ont fait valoir que leur travail auprès des étudiants a été significatif, soulignant le caractère essentiel des compétences acquises — produire des « reportages clairs, factuels et utiles aux communautés » —.

Bien que les emplois en journalisme diminuent, les étudiants affirment que le programme les prépare à un marché du travail plus large.

Kate Playfair, diplômée de 2024, écrit que « le programme de journalisme d’Algonquin ne se limite pas à apprendre à couvrir l’actualité. Il enseigne la collaboration, la communication sous différents formats, le respect de délais exigeants et le travail dans un monde incertain et en constante évolution ».

Leah Miller, diplômée de 2004, affirme que sa formation ne lui a pas seulement appris à rédiger des nouvelles, mais à penser de manière critique, à vérifier l’information et à comprendre la responsabilité de façonner des récits ayant un impact réel.

Plusieurs établissements, dont Durham College, Cambrian College, Fleming College et le Southern Alberta Institute of Technology, ont fermé ou suspendu leurs programmes. D’autres ont réduit leur offre.

Ces coupes suscitent des inquiétudes quant à l’avenir de la formation en journalisme et à ses répercussions sur l’industrie.

L’annonce d’Algonquin survient à l’heure où le secteur est soumis à une pression croissante. En février, Bell Média a annoncé de nouveaux licenciements dans ses salles de rédaction.

L’ancien professeur Chris Ralph a résumé la situation en citant Václav Havel, qui se demandait si un « avenir meilleur » peut justifier « le sacrifice du présent ».« Supprimer le financement de ce programme revient précisément à ce type de sacrifice, et cela affaiblira notre communauté, notre démocratie et notre avenir », a-t-il écrit.


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