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Freshta Hemmati et Shogofa Danish sont des réfugiées afghanes et des résidentes permanentes au Canada. Avec des collègues en Allemagne, en France et aux États-Unis, elles sont cofondatrices de Women Organization for Rights, Dignity and Speech (WORDS), un groupe de défense des droits sans but lucratif établi à Calgary.
Cinq ans après la chute de Kaboul, les femmes journalistes sont confrontées à des mesures répressives visant à les faire taire et à les effacer de leur profession.
Notre nouvelle étude montre que les restrictions à la liberté de la presse s’appliquent largement sous les talibans en Afghanistan, mais qu’elles ne sont pas neutres sur le plan du genre. Les restrictions qui empêchent les femmes de participer pleinement à la société afghane ont de profondes répercussions sur le journalisme.
WORDS, un groupe de défense des droits que nous avons fondé avec d’autres femmes afghanes en exil, a interrogé 40 femmes journalistes dans sept zones de l’Afghanistan et examiné des rapports et des données provenant d’organisations médiatiques et de défenseurs de la liberté d’expression.
Afin de protéger les participantes, nous n’avons recueilli ni publié aucune information permettant de les identifier.
Toutes les journalistes interrogées ont déclaré pratiquer l’autocensure. Les 20 femmes interrogées à Kaboul ont toutes affirmé qu’elles n’ont plus le droit d’interroger librement les responsables lors des conférences de presse ; certaines ne sont autorisées à y assister que de façon limitée et doivent écouter derrière des écrans, sans pouvoir poser de questions.
Les restrictions fondées sur le genre sont encore plus sévères à l’extérieur de la capitale. Soixante-trois pour cent de l’ensemble des journalistes interrogées ont cité l’obligation d’être accompagnées d’un mahram (un tuteur ou accompagnateur masculin) comme un obstacle à leur travail. Cette proportion atteint 95 % chez les journalistes en province, contre 30 % à Kaboul.
Dans certains cas, les femmes se sont vu interdire de mener directement des entrevues, la tâche étant confiée à des collègues masculins ou à des membres de leur famille.
Ces restrictions ont transformé la situation professionnelle et économique de ces journalistes. La moitié travaillent désormais pour un faible salaire ou comme stagiaires non rémunérées. Un quart a changé de profession ; une journaliste sur huit est devenue confinée à son domicile et a été interrogée par les autorités au cours des cinq dernières années.
Notre recherche a également documenté l’effondrement des médias dirigés par des femmes — chaînes de télévision et stations de radio, agences de presse, magazines et journaux — qui étaient gérés par des femmes durant la période de la République. Certaines de ces organisations fonctionnent aujourd’hui en exil.
Cette pression affecte l’accès aux sources, l’indépendance professionnelle, les revenus et la longévité des carrières.
L’appel à l’action : WORDS demande aux organisations de défense des droits de la personne de coordonner leurs efforts afin de dresser un portrait fidèle de la situation des femmes journalistes en Afghanistan et des difficultés auxquelles elles sont confrontées.
Dispatch
août 31, 2026
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août 31, 2026
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