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Alberta 2026 : la vérité est le véritable champ de bataille. La confiance est la cible.
En octobre, les Albertains seront appelés aux urnes pour décider s’il y aura un second référendum sur l’avenir de leur province au sein de la fédération canadienne.
L’enjeu est considérable. Or, le mouvement en faveur de la séparation prend forme dans un environnement médiatique de plus en plus contaminé par la désinformation, les contenus synthétiques et les campagnes d’influence coordonnées.
Un écosystème de l’information dégradé et peu fiable érode la confiance envers l’ensemble des médias, menaçant ainsi les fondements mêmes d’une presse libre et indépendante, essentielle au bon fonctionnement des élections démocratiques.
En juin, l’équipe d’enquêtes visuelles de CBC/Radio-Canada a révélé que Facebook et YouTube rémunéraient des personnes à l’étranger pour diffuser du contenu faisant la promotion de la séparation de l’Alberta et de son annexion aux États-Unis.
Au début de juillet, Élections Alberta a découvert un faux site Web se faisant passer pour son portail officiel de la Liste des électeurs. Le site frauduleux contenait de fausses données électorales et avait été conçu pour ressembler à une ressource officielle. L’incident a démontré à quel point il est facile d’exploiter la confiance du public dans l’environnement numérique.
Les intentions des acteurs malveillants ne font guère de doute. « Je crois que cette activité de désinformation vise à usurper l’identité d’Élections Alberta et constitue une tentative de miner la confiance du public envers mon bureau et envers le processus électoral en Alberta », a déclaré le directeur général des élections, Gordon McClure.
Ce faux site est apparu peu après la divulgation non autorisée de la véritable liste électorale par un organisateur politique. Élections Alberta, la GRC et la commissaire albertaine à la protection de la vie privée ont tous ouvert une enquête.
Cet épisode a également mis en lumière une vulnérabilité plus profonde : la confiance elle-même. Des chercheurs canadiens ont documenté une campagne de désinformation alimentée par la Russie autour du référendum albertain.
Les éléments de preuve révèlent une stratégie sophistiquée consistant à amplifier des frustrations déjà présentes au pays. On observe une convergence grandissante des discours.
Des commentateurs américains et des influenceurs en ligne diffusent des affirmations selon lesquelles l’Alberta serait exploitée économiquement par Ottawa, que le Canada serait en déclin ou encore que la province serait plus prospère à l’extérieur de la Confédération.
Des médias liés au Kremlin, dont le réseau Pravda, reprennent ensuite ces mêmes messages parce qu’ils servent l’objectif de Moscou d’accentuer la polarisation politique au Canada.
Au moment où l’un de ces récits parvient jusqu’à un électeur albertain, son origine est enfouie sous des couches successives de republications, de traductions et de recommandations générées par les algorithmes.
L’intelligence artificielle a accéléré ce phénomène. Des présentateurs de nouvelles générés par l’IA, des voix clonées, des balados synthétiques et des milliers d’articles rédigés automatiquement — ce que certains qualifient de slopaganda — peuvent être produits à très faible coût et diffusés massivement afin d’inonder les moteurs de recherche et les sources d’information auxquelles puisent les modèles d’IA générative.
Lorsque les Canadiens se fient à des résumés produits par l’intelligence artificielle plutôt qu’à un journalisme vérifié, ils risquent de recevoir des réponses qui amalgament des reportages crédibles et de la désinformation produite à l’échelle industrielle.
Lorsque des acteurs hostiles cherchent à semer la peur, la colère et le doute, une presse libre et indépendante constitue peut-être notre plus importante défense démocratique.
Les journalistes vérifient les documents, confirment leurs sources, publient des rectifications lorsque nécessaire et sont assujettis aux lois canadiennes sur la diffamation. Les entreprises de presse sont responsables, tant sur le plan juridique qu’éthique, de ce qu’elles publient. Ce n’est pas le cas des fermes de contenu anonymes, des réseaux de robots ni des sites Web générés par intelligence artificielle.
Les études démontrent que les citoyens capables de distinguer une information vérifiée d’un récit manipulé sont plus difficiles à diviser, plus difficiles à tromper et plus résistants aux tentatives d’ingérence étrangère. La résilience démocratique commence par la résilience informationnelle.
Une presse libre et indépendante fournit aux Canadiens des faits fiables qui leur permettent de se forger leur propre opinion. Les démocraties prospèrent lorsque les citoyens peuvent avoir confiance dans l’information sur laquelle ils s’appuient pour débattre, même lorsqu’ils sont en désaccord.
Les provinces devraient s’engager à soutenir des initiatives d’éducation et de sensibilisation et encourager les établissements d’enseignement à mettre en œuvre des stratégies plus larges de prévention et d’atténuation de la désinformation. Une meilleure préparation — notamment par des stratégies de « prébunking », qui consistent à réfuter à l’avance les fausses informations prévisibles — pourrait atténuer les campagnes visant inévitablement à miner la confiance envers les institutions publiques.
Les gouvernements pourraient également encourager les entreprises à intégrer la sensibilisation aux guerres de l’information et la cybersécurité dans leur planification stratégique.
Si les partis politiques peuvent consacrer des centaines de millions de dollars à leurs campagnes publicitaires, ils devraient pouvoir investir une fraction de cette somme pour protéger l’intégrité de notre environnement informationnel.
La Constitution canadienne garantit la liberté de la presse et la liberté de pensée parmi les droits fondamentaux.
Protéger ces droits, c’est faire en sorte que les Canadiens puissent compter sur une information factuelle pour se gouverner eux-mêmes, plutôt que d’être manipulés par des acteurs malveillants — souvent étrangers — qui propagent la colère, la méfiance et la désinformation.
Heather Bakken, présidente de Liberté de la presse Canada, est une fervente défenseuse de la liberté de la presse et des médias indépendants. Heather est une responsable des médias et une stratège certifiée en communication numérique.
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juillet 28, 2026
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