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La guerre de Trump contre les médias ne fait que commencer

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Par Shawn McCarthy

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novembre 6, 2026

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La guerre de Trump contre les médias ne fait que commencer
« Nous avons au pouvoir une administration plus hostile à la liberté de la presse que toute autre dans l’histoire moderne », a affirmé Clayton Weimers, directeur général de Reporters sans frontières.

L’intensification des attaques du président Donald Trump contre les médias suscite des inquiétudes quant à une nouvelle érosion de la liberté de la presse au cours des dernières années de sa présidence.

Dans les derniers jours de la campagne pour les élections de mi-mandat de 2026, Trump s’en est pris aux initiés du gouvernement qui divulguent des renseignements sensibles aux journalistes, ainsi qu’aux journalistes qui les reçoivent. 

Lors d’un rassemblement en Arizona, il a déclaré à ses partisans que les auteurs de fuites étaient « la lie de l’humanité » et qu’ils devraient être emprisonnés à vie ou fusillés. Il a ajouté, en désignant les journalistes présents, que ceux-ci étaient « presque aussi mauvais que les auteurs de fuites », puisqu’ils « divulguent de fausses informations ».

Ces propos menaçants à l’endroit des lanceurs d’alerte et des journalistes ne devraient pas être considérés comme de simples paroles en l’air, a affirmé Clayton Weimers, directeur général de Reporters sans frontières, lors d’une entrevue téléphonique.

« Beaucoup de gens haussent les épaules en se disant que c’est simplement Trump qui fait du Trump », a déclaré M. Weimers.

Le président avait employé une rhétorique semblable contre les médias pendant et après son premier mandat, accusant les journalistes de diffuser de « fausses nouvelles » et les qualifiant d’« ennemis du peuple ».

Aujourd’hui, toutefois, les attaques contre la liberté de la presse sont concertées et se multiplient dans l’appareil gouvernemental.

« Nous avons au pouvoir une administration plus hostile à la liberté de la presse que toute autre dans l’histoire moderne », a affirmé M. Weimers.

La Maison-Blanche a refusé d’accorder des accréditations de presse à des journalistes et à des médias qui couvrent l’administration Trump de façon critique. En septembre, les journalistes de CNN, de POLITICO et de MS Now se sont vu interdire l’accès à la Maison-Blanche. Un juge fédéral a rétabli leur accès, estimant que l’administration Trump avait fait preuve de « discrimination illégale » et violé les garanties de liberté de la presse prévues par le premier amendement de la Constitution américaine. L’administration a porté cette décision en appel.

Selon M. Weimers, Trump a également « instrumentalisé » le département de la Justice et le FBI, qui ont obtenu des mandats de perquisition visant les domiciles de journalistes et saisi leurs ordinateurs. Des administrations démocrates ont elles aussi engagé des poursuites contre des auteurs de fuites, mais l’administration Trump a intensifié ces efforts.

Elle a également supprimé le financement de National Public Radio (NPR), de PBS et de Voice of America (VOA), bien que le Congrès ait rétabli le soutien financier à l’Agence américaine pour les médias mondiaux (USAGM), qui supervise VOA.

Le président a intenté des poursuites contre des médias au sujet d’articles qu’il jugeait faux et diffamatoires. Si les réseaux CBS et ABC ont conclu des règlements à l’amiable, d’autres poursuites semblent n’avoir abouti à rien.

Par ailleurs, Brendan Carr, nommé par Trump à la tête de la Federal Communications Commission (FCC), a menacé de révoquer les licences de diffusion d’ABC et d’autres réseaux en raison de leur couverture de l’actualité ou de leurs émissions critiques envers le président.

Trump a tenté de contourner la couverture médiatique critique en lançant son propre réseau social, Truth Social, une plateforme où abondent les diatribes virulentes, les affirmations mensongères et la désinformation.

Compte tenu de ces nombreuses attaques contre la liberté de la presse, M. Weimers s’inquiète de la réaction que pourraient avoir Trump et les membres de son administration face à un revers électoral lors des élections de mi-mandat.

Il souligne que certains conseillers du président l’ont exhorté à déclarer l’état d’urgence pendant la période électorale, une mesure qui s’accompagnerait d’une répression accrue contre les médias.

« Quand Trump regarde la Chine, il voit dans son contrôle total de l’information et sa propagande un modèle à imiter plutôt qu’un danger contre lequel se prémunir », a déclaré M. Weimers. « Et cela m’inquiète. D’autant plus que nous approchons d’une élection où Trump semble se sentir plus vulnérable et réagit donc en multipliant les attaques, comme il le fait toujours lorsqu’il se retrouve acculé au pied du mur. »

Écrit par Shawn McCarthy

Shawn McCarthy est rédacteur indépendant et conseiller principal au Sussex Strategy Group. Il est l'ancien président de Liberté de la presse Canada.
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