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Dean Beeby is a World Press Freedom Canada board member and author of the Substack newsletter, “Journalism, Transparency, and the Art of FOI.”
Investigative journalists know that internal government emails, texts and other so-called ephemeral or transitory records can be smoking guns, exposing scandals lurking underneath the official version of events.
There are plenty of examples of stories broken through emails obtained under freedom-of-information laws, not least Ontario’s Greenbelt scandal, in which the Ford government cozied up to developers.
Even more telling are cases in which public servants tried to make their emails disappear by double- and triple-deleting inboxes and outboxes to hide evidence of malfeasance from nosy reporters using FOI laws.
So it’s perhaps not surprising that the federal government wants to make all its internal emails and texts unavailable for requests made under the Access to Information Act.
“This would mean that what institutions search for and retrieve in response to an ATI request are records that have ongoing business value and that are stored in official repositories, which would effectively remove transitory records from the scope of the Act,” says a government discussion paper from March.
The paper proposes two categories of federal records. One, rubber-stamped and sanitized official documents; and two, messy transitory documents – such as emails – that often reveal behind-the-scenes decision-making.
The government claims the change would speed up processing of access-to-information requests. With fewer records to locate and review, workloads could be pared back in ATI units.
But the claim is specious. While responses to access-to-info requests might be more timely, they would also be loaded with government-sanctioned drivel. The good stuff would be off-limits. Government misconduct would be safely hidden.
The discussion paper advocates other proposals that would increase government secrecy, including a measure to handcuff the information commissioner’s investigations; a proposal to blackball some requesters as “vexatious;” and suspension of the access law during emergencies, such as pandemics.
Journalists have been pushing back, opposing the measures at summer roundtables convened by Treasury Board, and through written briefs (which the government has chosen not to make public.) Information Commissioner Caroline Maynard has also opposed the changes. Lawyers have raised a hue and cry.
But with a news landscape flooded with trade and sovereignty issues, these damaging ATI proposals may yet slip into law without scrutiny. Treasury Board is expected to report to Parliament on its review of the Act in the coming months. It may be the last opportunity for journalists and others to speak out against the twilighting of transparency.
Dean Beeby est membre du conseil d’administration de Liberté de la presse Canada et auteur de l’infolettre Substack « Journalism, Transparency, and the Art of FOI ».
Les journalistes d’enquête savent que les courriels internes du gouvernement, les messages textes et autres documents dits éphémères ou transitoires peuvent constituer des pièces à conviction accablantes, révélant des scandales qui se cachent derrière la version officielle des événements.
De nombreuses enquêtes journalistiques ont vu le jour grâce à des courriels obtenus en vertu des lois sur l’accès à l’information, notamment le scandale de la ceinture de verdure de l’Ontario, dans lequel le gouvernement Ford s’est rapproché de promoteurs immobiliers.
Plus révélateurs encore sont les cas où des fonctionnaires ont tenté de faire disparaître leurs courriels en supprimant à deux ou trois reprises leurs boîtes de réception et d’envoi, afin de dissimuler des preuves d’irrégularités aux journalistes curieux qui utilisent les lois sur l’accès à l’information.
Il n’est donc peut-être pas surprenant que le gouvernement fédéral souhaite rendre tous ses courriels et messages textes internes inaccessibles dans le cadre des demandes présentées en vertu de la Loi sur l’accès à l’information.
« Cela signifierait que les documents que les institutions recherchent et récupèrent en réponse à une demande d’accès à l’information sont des documents ayant une valeur opérationnelle continue et conservés dans des dépôts officiels, ce qui aurait pour effet d’exclure les documents transitoires du champ d’application de la Loi », indique un document de discussion du gouvernement datant de mars.
Le document propose deux catégories de documents fédéraux. Premièrement, les documents officiels approuvés et aseptisés ; deuxièmement, les documents transitoires désordonnés — comme les courriels — qui révèlent souvent les processus décisionnels en coulisses.
Le gouvernement affirme que ce changement permettrait d’accélérer le traitement des demandes d’accès à l’information. Avec moins de documents à repérer et à examiner, la charge de travail des unités responsables de l’accès à l’information pourrait être réduite.
Mais cette affirmation est spécieuse. Même si les réponses aux demandes d’accès à l’information étaient plus rapides, elles seraient aussi remplies de verbiage gouvernemental soigneusement approuvé. Les informations intéressantes seraient hors de portée. Les inconduites du gouvernement seraient soigneusement dissimulées.
Le document de discussion préconise d’autres mesures qui accroîtraient le secret gouvernemental, notamment une mesure visant à entraver les enquêtes du commissaire à l’information ; une proposition visant à écarter certains demandeurs en les qualifiant d’« abusifs » ; et la suspension de la loi sur l’accès à l’information en période d’urgence, comme lors d’une pandémie.
Les journalistes se sont opposés à ces mesures lors de tables rondes estivales organisées par le Conseil du Trésor, ainsi que dans des mémoires écrits (que le gouvernement a choisi de ne pas rendre publics). La commissaire à l’information, Caroline Maynard, s’est également opposée aux changements. Des avocats ont vivement protesté.
Mais dans un paysage médiatique saturé par les questions commerciales et de souveraineté, ces propositions dommageables concernant l’accès à l’information pourraient encore être adoptées sans véritable examen. Le Conseil du Trésor devrait présenter au Parlement, dans les prochains mois, un rapport sur son examen de la Loi. Il pourrait s’agir de la dernière occasion pour les journalistes et autres intervenants de dénoncer le crépuscule de la transparence.
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