Partager:
Partout au Canada, les journalistes étudiants sont de plus en plus confrontés à des retards, à des silences pesants et à un contrôle centralisé de la communication par les universités et les associations étudiantes, ce qui soulève des inquiétudes quant à l’avenir de la liberté de la presse et aux pratiques professionnelles de la prochaine génération de journalistes canadiens.
« Parfois, nous attendons des courriels trop longtemps et l’article tombe à l’eau », déplore Thai Sirikoone, rédacteur en chef du journal étudiant de l’Université MacEwan, The Griff.
Depuis sa prise de fonction en 2022, il a incité ses huit journalistes étudiants à multiplier les reportages. Depuis, il constate que l’administration universitaire hésite à répondre aux questions difficiles.
« Cela nous a vraiment obligés à innover », explique Sirikoone à propos des solutions que son équipe et lui ont dû trouver pour contourner les obstacles à la publication dressés par l’administration.Le Griff est l’une des nombreuses rédactions étudiantes du Canada confrontées à des administrations universitaires répressives.
Ces administrations profitent de l’inexpérience des journalistes, incapables de distinguer ce qui constitue une atteinte à leur liberté de la presse.
« Je reçois constamment des nouvelles de [mes membres] à ce sujet », a déclaré Andrew Mrozowski, président de la Presse universitaire canadienne.
« Cela nous met dans une situation délicate, car l’administration, qu’elle soit universitaire ou étudiante, nous prend pour de simples étudiants », a-t-il ajouté.
M. Mrozowski a constaté une aggravation des menaces pesant sur la liberté de la presse dans les journaux universitaires canadiens depuis sa prise de fonction en 2023.
Marieke Glorieux-Stryckman, ancienne rédactrice en chef du Concordia, témoigne du stress engendré par la bataille juridique engagée contre l’université au sujet du travail journalistique du journal.
Glorieux-Stryckman et moi avons reçu conjointement le prix d’excellence étudiante de Liberté de la presse mondiale Canada l’an dernier.
En 2023, lors de sa deuxième année au programme de journalisme à l’Université Concordia, elle a déposé une demande d’accès à l’information exhaustive qui, en temps normal, aurait suscité un simple appel téléphonique pour des explications. Au lieu de cela, elle a reçu une mise en demeure et avons dû recourir à la médiation pour régler le différend.
Cette année, en tant que rédactrice en chef du Concordian, elle n’a pas reçu de mise en demeure, mais les entrevues avec les responsables universitaires sont rares. La procédure stricte de l’université pour le dépôt des demandes des médias est devenue encore plus contraignante.
Aidan Raynor est un journaliste primé et étudiant originaire de Montréal, au Québec. Il siège au conseil d’administration de Liberté de la presse Canada.
La Dépêche
janvier 25, 2026
La Dépêche
janvier 25, 2026
AU CAS OÙ VOUS L’AURIEZ MANQUÉ
janvier 25, 2026
*Indique un champ obligatoire